L’épreuve de la montagne

L’épreuve de la montagne

C’est dans les hauteurs de l’Himalaya, qu’habitait celui que tout le monde appelait grand-père. En ce début de saison des pluies, il aurait aimé être plus entouré. Tous les  membres de sa famille étaient partis en ville faire des provisions, sauf un, son petit-fils.

Le grand-père s’était blessé et il n’avait personne d’autres à qui demander de partir au village d’à côté. Son petit-fils n’était pas très débrouillard, et malgré son âge, il ne semblait pas savoir comment aller au village.

« – Je sais grand-père comment on y va, j’y vais avec mon père tous les mois.

-Très bien, se dit le grand-père, alors vas-y, tu devras me rapporter ce qu’il y a sur la liste. Avant que tu ne partes, laisses-moi te dire ceci : ne sous-estime, ni ne surestime la montagne, ton ennemi peut être à ton image ».

Le petit-fils leva les yeux au ciel « encore une de ses histoires…, se dit-il ». Il partit en toute hâte, la fierté d’avoir cette mission et de pouvoir montrer de quoi il est capable. Gaiement, il marcha d’un pas rapide à travers les routes boueuses de l’Himalaya. Sifflotant, pieds dans la bout de plus en plus épaisse, le petit-fils se rassura en se disant que, heureusement, il ne pleut pas.

C’était sans savoir que derrière la montagne, des nuages approchaient. Il ne fallu pas une heure au petit-fils pour sentir que la tâche devenait de plus en plus ardue. Les routes avaient été travaillées par les camions, et les pluies la rendaient encore plus fatigante à la marche. Le petit-fils commença à se sentir frustré, en colère et désemparé devant cette tâche qu’il a sous estimé.

Lorsque les premières gouttes de pluie arrivèrent, la colère bondit de plus belle et le petit-fils la contrôla si peu, qu’il dégagea une pierre bien plus grosse que son pieds. Il saigna. La pluie devenait de plus en plus forte, sa colère devint exponentielle, le ciel gronda. Le petit-fils se mis à pleurer de rage. Il était fatigué, trempé, il avait froid… C’est en s’abritant sous un arbre qu’il repensa aux paroles de son grand-père «  Ne sous-estime, ni ne surestime la montagne, ton ennemi peut être à ton image ». Il comprit.

Le petit-fils essuya ses larmes et se redressa. Moins euphorique, moins coléreux, il put petit à petit accueillir la paix. La pluie se dissipa alors, et le soleil revint. « Ton ennemi peut-être à ton image » avait dit le grand-père. Il avait sous estimé la montagne ne voyant pas les nuages arriver. Il avait sur estimé la montagne ne voyant pas l’autre chemin d’à côté, plus facile d’accès.

 

Texte écrit par mes soins, merci d’en respecter la propriété. 

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